‹ La maréchale d'AubemerChapitre 25 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

fût, la demande de madame d'Aubemer lui laissa beaucoup de trouble ; sa fille et le marquis, une fois la réponse partie, n'y songèrent plus.

Les années, ens'écoulant, avaient amené le terme de l'exil de Lionel ; la dernière s'était passée à Rome ; sa belle figure et les airs vainqueurs rapportés d'une garnison, sa résidence précédente, lui avaient valu auprès des Italiennes quelques faciles succès dont il tenait grand état : aussi ne fut-il pas très-empressé à profiter de son rappel, et laissa-t-il échapper des soupirs pour la belle Ausonie, et pour les sirènes qu'elle enfantait, sous la forme d'une terza donna d'opéra-comique, en quelques méchantes strophes ; elles suffirent à calmer ses douleurs ; il se plaignit encore, à ses

compagnons de plaisirs, de la tyrannie qui Tarrachait aux pompes de Bome et aux charmes de la signera Nicolina pour l'enterrer dans ses montagnes en l'enchaînant à une rustique cousine, et partit assez consolé et fort content de lui-même selon son usage. Ce contentement fut porté à l'excès par la satisfaction évidente du baron à le trouver devenu si bel homme, ainsi qu'il l'exprimait, et l'admiration sincèrement passionnée de sa mère pour sa personne et ses façons. On le produisit pendant quelques jours dans les châteaux voisins, et lui-même s'alla pavaner à Uzerche oii il reprit avec un redoublement d'importance la suprématie qu'il exerçait avant ses voyages au cercle des jeunes gens. Ces succès incontestés le réconcilièrent avec

Page 1