‹ La maréchale d'AubemerChapitre 26 sur 155 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

la province. — Il était d'assez bonne humeur lorsque ses parents l'accompagnèrent au château de Saveuse. Il se rappelait sa cousine assez jolie, et elle lui parut en effet suffisamment bien pour se décider à l'éblouir du déploiement de tout son mérite ; mais il fut un peu étonné de se trouver exactement au même point que le Lionel d'il y avait trois ans ; mademoiselle de Saveuse le traitait avec une cordiale amitié, sans qu'aucune admiration nouvelle lui causât le moindre trouble. Elle le questionnait sur Rome et l'ItaUe. Lorsque ses réponses étaient satisfaisantes, rationnelles, elle écoutait avec intérêt, réservant sa candide inattention pour les charmants papillonnages qu'il essayait autour d'elle. Trop borné pour apprécier la distinction

de cette noble simplicité, il accusait sa cousine d'ignorance, de rusticité, et, malgré les agréments de sa figure, il en était fort peu charmé. — L'intendant de la province, lié depuis longtemps avec le baron de Saveuse, voulut donner un bal pour fêter le retour de Lionel ; les habitants du vieux château durent y assister; mademoiselle de Saveuse y fut excessivement admirée, tous les jeunes gens de Limoges témoignèrent à Lionel l'envie qu'il leur inspirait en le félicitant de son bonheur. Ces louanges embellirent sa cousine à ses yeux, et il se croyait amoureux de bonne foi, lorsque deux mois plus tard il la conduisit à l'autel où elle jura paisiblement de lui dévouer sa vie. Elle n'avait jamais pensé qu'il en put être autrement, et sa

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