‹ La maréchale d'AubemerChapitre 35 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

partagea pas ; le Ouij, mon enfant, lui paraissait bien laconique ; elle avait pris sous sa protection spéciale la jolie nièce de la maréchale et brûlait d'en parler ; aussi, dès qu'elle ne fut plus là pour lui imposer silence, elle raconta en hâte comment elle avait passé les journées près de sa tante et plusieurs fois les nuits, afm qu'elle, Julie, pût prendre un repos devenu presque indispensable, mais qu'elle aurait certainement refusé si toute autre personne avait du inspecter le service de la chambre; comment elle seule avait su conserver la tête lorsque tout le monde l'avait perdue , comment elle réussissait à calmer madame d'Aubemer dan les plus forts accès de son délire, comment les médecins s'en référaient à ses

rapports plus qu'à ceux de la garde attitrée, placée par eux auprès de la malade, et qu'il avait fallu congédier parce que ces soins étrangers, cette nouvelle figure l'irritaient. . . enfin, elle raconta tant et si bien qu'elle réussit à beaucoup agiter sa niaîtresse. S'apercevant tout à coup de l'altération et de la rougeur du visage, elle en fut désespérée, lui donna une cuillerée de potion et lui recommanda le repos. Malgré cette prescription tardive, madame de Saveuse trouva sa tante moins bien qu'elle ne l'avait laissée ; les médecins constatèrent de l'élévation dans le pouls, ils en accusèrent le bouillon de poulet qu'ils ordonnèrent plus léger; mademoiselle Julie garda son propre secret, ne changea rien au bouillon et se promit d'être plus cir-

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