CHAPITRE III
conspecte à l'avenir ; la maréchale se calma petit à petit sous l'influence salutaire de madame de Saveuse ; elle s'endormit en lui tenant la main, et lorsqu'une heure après elle s'éveilla, le mouvement fébrile avait disparu ; le bouillon, dans toute sa force, fut pris avec plaisir et la nuit se passa bien.
Bientôt ce fut le tour de madame de Montford à raconter combien madame de Saveuse avait été assidue et charmante, et la place qu'elle s'était assurée dans son cœur par les tendres soins rendus à sa tante. Cette fois la maréchale sentit accroître sa reconnaissance, mais l'agitation ne s'y joignit pas :
(( Je trouve, » dit madame de Montford, qui avait été élevée au même couvent que
8G LA MARECHALE D'AUBÈMER.
mesdemoiselles d'Elancourt, « je trouve, ma chère, que madame de Saveuse vous ressemble beaucoup.
— Vous me faites trop d'honneur, je n'ai jamais eu des cheveux et un teint comme cela... 11 y a des moments, au reste, où elle me rappelle sa mère, quoiqu'elle soit infiniment plus jolie.
— Beaucoup plus que Caroline, assurément ; mais je n'admets pas qu'elle surpasse la belle Emilie ; vous étiez superbe, ma chère.
— Et mademoiselle de Lillebonne était ma rivale, » reprit la maréchale en souriant, (( et cependant nous n'étions pas trop jalouses l'une de l'autre.
— Non, en vérité. »
Et ces deux beautés contemporaines se