‹ La maréchale d'AubemerChapitre 38 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

pesaient. On envoya chercher les volumes épars dans le salon, la plupart étaient des ouvrages nouveaux ; dans le nombre on apporta le discours académique dont nous avons déjà parlé ; sa vue inspira comme un remords à madame d'Aubemer ; elle se rappela l'irritation qu'elle ressentait, la dernière fois où elle avait ouvert cette brochure, contre la charmante créature qui maintenant l'entourait de si aimables attentions. Ce contraste lui causa de l'émotion, et, suspendant son examen des livres posés sur sa chaise longue, elle regarda tendrement la comtesse Lionel en lui demandant comment lui était advenue la bonne pensée de soigner aussi affectueusement une vieille femme qui lui était trop, beaucoup trop, étrangère.

« Ah ! ma tante, le premier jour où je vous ai aperçue couchée là, au fond de votre lit, et aussi longtemps que vous avez été bien malade , vous ressembliez tant à maman î »

La maréchale sentit alors tomber une larme sur la main qu'elle avait tendue à sa nièce et que celle-ci baisait ; mais, se trouvant un peu froissée de cette tendresse de reflet, elle la retira doucement. Cependant, comme elle était au fond une personne éminemment raisonnable, un instant de réflexion lui rappela qu'elle n'avait aucun droit à inspirer un sentiment plus direct ; elle reprit, mais malgré elle, un peu plus froidement :

(( Est-ce que je ne ressemble plus à votre mère ?

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