‹ La maréchale d'AubemerChapitre 40 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

rentrassent assez dans sa manière de penser.

Le crédit de sa nièce sur madame d'Aubemer fut hautement signalé par la bonne réception faite au comte Lionel lorsque sa femme demanda la permission de l'amener un matin. Malgré le désir de le trouver mieux qu'il ne lui avait autrefois semblé, il déplut tout autant à la maréchale; mais la comtesse Lionel paraissant le voir avec plaisir, l'écouter avec satisfaction, elle l'engagea à revenir aussi souvent qu'il lui conviendrait ; il n'abusa pas de la permission et ne reparut pas de bien des jours sans que madame de Saveuse eût l'air de s'en inquiéter ou de s'en attrister ; deux ou trois fois seulement elle fit ses excuses en nommant le spectacle où il était allé.

9i LA MAIIÉCHALE D'AUBEMER.

Cependant les forces de madame d'Aubemer revenaient et lui permirent bientôt de recevoir ses habitués les plus intimes : c'étaient, pour la plupart, des gens d'un esprit distingué ; le rôle de madame de Saveuse changea; l'activité qu'elle avait déployée jusque-là fut remplacée par cette attention intelligente qui sied si bien aux jeunes femmes admises dans le cercle de personnes supérieures, elle ne tarda pas à en devenir l'idole ; ses grâces, sa beauté, son naturel surtout y charmaient, et les vieux amis de la maréchale lui savaient un gré infini de se plaire si évidemment auprès d'eux. En se familiarisant petit à petit, elle laissa voir les trésors intellectuels qu'une éducation sédentaire lui avait fait acquérir sans qu'elle même en eut la con-

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