‹ La maréchale d'AubemerChapitre 43 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

passée. Toutefois, ma chère petite, j'ai remords à la vie que vous menez à Paris; vous n'y êtes pas venue pour être sœur grise et recluse; il faut que vous alliez dans le monde : je ne puis vous y présenter moimême, mais madame de Montford vous y mènera, et vous ne pouvez y paraître plus agréablement qu'avec elle.

— Je vous assure, ma tante, que vous me puniriez fort en m'exilant de votre salon : je vais le matin avec Lionel voiries monuments et les établissements publics, cela suffit de reste à ma curiosité de provinciale, et je ne trouverai nulle part le même agrément que chez vous.

— Hélas, mon enfant, je n'ai pas courage à vous violenter pour me priver de vous ; mais j'entends pourtant que vous

assistiez à cette fête de l'ambassadrice dont on parlait tantôt, elle sera très-belle et c'est une excellente occasion pour débuter brillamment.

— Mais, ma tante, » répondit madame de Saveuse, ne comprenant même pas dans sa naïve modestie le sens attaché par la maréchale à ces paroles, « mais, ma tante, il serait très-fâcheux que tout ce brillant du monde me séduisît, car ma retraite sera bien rapprochée de mon début. »

La maréchale sourit, mais elle éprouva de la tristesse en songeant combien la présence de sa nièce était temporaire, et ses souvenirs, se reportant sur les personnes qu'elle avait successio^ement aimées et perdues, s'arrêtèrent à sa sœur. La maladie, et la faiblesse d'une fort longue

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