‹ La maréchale d'AubemerChapitre 45 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

. — Non, cela m'ennuie à la mort.

— Je suis fâchée que vous n'ayez pas entendu le président de Brosses raconter hier l'Italie et cette Rome que vous regrettez si souvent ; il m'a expliqué une quantité de choses que je ne comprenais pas, il vous aurait fort intéressé.

— Je n'entends rien aux lois et n'ai nulle envie de m'en casser la tête ; je laisse les gens de robe discuter les codes devant les femmes qui veulent se donner des ridicules.

— Vous êtes tout à fait dans l'erreur, mon cher ami ; le président a parlé de monuments, de galeries, de statues, de tableaux, de l'aspect du pays, de l'état actuel des arts et de la littérature, des mœurs, des usages, il a raconté des anec-

lOi LA MARÉCHALE D'AUBEMER.

dotes très-piquantes, et je suis persuadée que vous l'auriez écouté avec autant de plaisir que moi ; il n'y a pas eu, je vous jure, une seule parole que je n'aie parfaitement comprise, c'est assez vous prouver qu'il n'a été question ni de codes, ni de sciences transcendantes, comme vous disiez l'autre jour. »

Lionel, un peu déconcerté de n'avoir ni courroucé sa femme, ni réussi à lui imposer par son ton maussade et impérieux, garda le silence ; madame de Saveuse lui adressa une question indifférente, il y répondit avec un peu d'humeur, mais elle se dissipa n'ayant point où se prendre. La grande terreur de Lionel était de paraître un provincial^ et les soins qu'il prenait contre ce malheur le rendaient inévitable.

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