‹ La maréchale d'AubemerChapitre 49 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

que ne l'aurait désiré la maréchale ; car, malgré un très-grand fonds de bon sens, elle était trop femme du monde pour ne pas désirer à sa favorite ce qu'elle appelait un brillant début ; elle savait que pour l'obtenir il fallait montrer une légère teinte d'originalité, et, à cet effet, elle voulait qu'avec la robe de mademoiselle Augustine, exécutée dans le goût le plus pur de la mode du jour et ajustée par cette classique personne elle-même de façon à défier toute espèce de critique féminine, la comtesse Lionel conservât sa coiffure accoutumée, pour être plus jolie, et aussi pour attirer l'attention ; cette coiffure, composée de nattes lâches, de grosses boucles, et ne pouvant s'imiter qu'avec d'aussi magnifiques cheveux, devait rester à peu près

individuelle à madame de Saveuse et lui assurer un effet durable. Le difficile était de la faire entrer dans cette spéculation ; la maréchale le sentait bien; aussi manœuvra-t-elle fort habilement. Elle avait réussi à faire raconter devant sa nièce plusieurs traits de l'inexactitude des coiffeurs de Paris, et lorsque celle-ci vint le matin la remercier de sa charmante robe, madame d'Aubemer lui dit d'un air indifférent :

(( J'ai pensé, mon enfant, qu'il ne serait pas poli de faire attendre madame de Montford, qui a la bonté de vous mener, par une de ces négligences de coiffeur dont on nous parlait ces jours-ci, et, dans le cas où le vôtre manquerait, il n'y aurait point d'inconvénient à relever vos-

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