CHAPITRE IV
cheveux selon votre habitude journalière ; seulement, pour avoir l'air suffisamment parée, vous Remplaceriez votre peigne d'écaillé par celui-ci ; vous seriez ainsi très-convenablement. »
Elle remit à madame de Saveuse un superbe peigne en diamants et ne parla plus de la coiffure.
Lionel était aussi fort occupé de la toilette de sa femme et très-anxieux qu'elle ne lui fît pas la honte de paraître provinciale. Il avait étudié de son mieux la parure de la princesse Simon à un dernier bal et aurait voulu obtenir qu'elle fut imitée; mais son récit, sans ensemble, ne satisfaisait pas au goût pur de madame de Saveuse, et lui-même se vit forcé de convenir que l'habit choisi par la maréchale
était très-élégant, quoiqu'il le trouvât un peu ti^op simple. Le coiffeur n'arrivait pas; il n'avait garde, la maréchale l'ayant fait prévenir que ses talents n'étaient plus réclamés. Lionel se désolait. Madame de Saveuse remarqua paisiblement combien ce fameux M. Hubert justifiait l'inexactitude dont on l'accusait, et, malgré les supplications de Lionel, qui voulait en envoyer chercher un autre, elle se mit à sa toilette pour accomplir, sans se douter du motif, les intentions de sa tante. L'éclat du peigne réconcilia un peu Lionel à la beauté des tresses, mais il répétait en soupirant :
(( Personne n'est coiffée comme cela, vous aurez l'air provincial, très -provincial !...