‹ La maréchale d'AubemerChapitre 51 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

— Eh bien, mon cher ami, le grand malheur ! Pourquoi n'aurais-je pas l'air d'une provinciale, arrivant si récemment du Limousin où je suis née ?... Je ne serai certainement pas ridicule, puisque ma tante, qui connaît mieux les usages que nous, m'a autorisée à paraître comme cela si le précieux M. Hubert n'arrivait pas à temps. Vous conviendrez que si Babet et moi, n'y entendant pas plus l'une cpe l'autre, nous essayions de chiffonner cette gaze et ces guirlandes sur ma tête, nous nous y prendrions fort mal ; c'est bien alors que vous me trouveriez l'air emprunté. »

L'arrivée de la première demoiselle, suivie bientôt de mademoiselle Augustine en personne, qui prononça la coiffure déli-

ilG LA MARECHALE D'AUBEMER.

cieuse, ravissante, adorable, destinée à faire fureur, et qui, après avoir tourné autour et replacé quelques épingles, déclara madame la comtesse mise à peindre et coiffée comme un ange, rassura Lionel; il se promit cependant de n'arriver que tard au bal, d'abord parce qu'il avait remarqué que c'était dans les habitudes de Henri d'Estouteville, et puis pour ne pas assister à l'entrée de sa femme dont il redoutait l'effet. Parfaitement calme en revanche et ne songeant nullement en devoir produire d'aucun genre, madame de Saveuse se rendit à l'hôtel d'Aubemer. Élevée dans un cercle restreint , parmi des gens bienveillants qui avaient vu croître ses grâces sans les remarquer un jour plus que l'autre, et partageant leur

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