‹ La maréchale d'AubemerChapitre 55 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

causé une sensible joie, c'était un protecteur, un appui, un ami au milieu de cette foule inconnue ; mais Lionel était beaucoup trop bien appris pour s'approcher de sa femme en public ; il se tenait fort au loin sous la bannière de la princesse Simon de Montford. Madame de Saveuse, découragée et embarrassée, se décida, sous prétexte de la chaleur, à ne plus rentrer dans la salle de bal, et se fixa près de madame de Montford, regrettant dans son cœur le salon de sa tante et plus encore le château de Saveuse.

On continuait bien a venir la regarder comme la curiosité du jour, mais elle en était plus intimidée que flattée, et sa solitude devenait complète à mesure que la duchesse s'absorbait davantage à son jeu.

124 LA MAPiKCHALK D'AUBEMER.

Jamais elle ne s'était sentie dans une position aussi désagréable que pendant cette soirée de son triomphe. Henri d'Estouteville s'approcha et paria pour se mêler au jeu de la duchesse ; il s'intéressa tellement à la partie que bientôt il s'assit près de la table pour la mieux surveiller ; bientôt aussi il ne s'occupa plus que de la comtesse Lionel, et bientôt encore celle-ci oublia complètement de s'ennuyer et vit recommencer un nouveau rubber, après celui dont elle souhaitait si dévotement la fin, sans en éprouver la moindre contrariété. Pendant ce temps, le bal continuait avec beaucoup d'entrain, et madame de Saveuse était à peu près oubliée, si ce n'est par la princesse Simon qui l'avait aperçue causant avec Henri et que les empresse-

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