CHAPITRE IV
ments de Lionel n'occupaient guère. Madame de Rieux s'étant approcliée, elle lui dit :
(( Notre mère a singulièrement mis de côté, ce soir, son adage favori, qu'il est de mauvaise compagnie de chercher à étonner les indigènes, ne trouvez-vous pas, Virginie, en se faisant le cornac de cette étrange coiffure? »
Madame de Rieux lui indiqua du regard M. de Saveuse qui pouvait entendre sa remarque :
« Qu'importe?» reprit la princesse encore plus haut ; ({ ce n'est pas lui apparemment qui a fabriqué ce boisseau de boucles... il a trop bon goût... » ajoutât-elle en faisant un signe d'intelligence moqueuse à sa belle-sœur. Toutefois le
piège était trop grossier, même pour Lionel ; l'évidence des succès de sa femme l'avait frappé, il en jouissait avec vanité, et du premier mouvement il s'éloigna, non sans quelque dépit ; mais bientôt son robuste amour-propre lui expliqua la mauvaise disposition de la princesse Simon envers madame de Saveuse par le goût très-vif qu'elle éprouvait pour lui, et il se sentit de l'indulgence pour une belle personne, attaquant, même injustement, la femme d'un homme aussi séduisant que ' Lionel de Saveuse. Ces douces réflexions, en flattant son orgueil, le ramenèrent triomphant et soumis aux pieds de sa conquête.
Madame de Rieux était ce qu'il est convenu d'appeler dans le monde une très-