CHAPITRE IV
bonne personne ; elle vivait bien avec son marij aussi insignifiant qu'elle, adorait ses enfants, rendait beaucoup à ses parents, et n'avait que deux goûts un peu vifs après celui de la toilette : satisfaire aux fantaisies de ses enfants et contrarier celles de sa belle-sœur ; aussi le sarcasme lancé contre madame de Saveuse rappelant subitement à madame de Rieux qu'elle avait promis d'accorder une protection, refoulée dans son cœur, non par une jalousie née de la supériorité de beauté, mais par l'aspect de la charmante robe où mademoiselle Augustine s'était surpassée, elle se fit un devoir d'aller à la recherche d'une personne qui avait le mérite de déplaire à la princesse Simon. Abordant madame de Saveuse avec l'em-
pressenient le plus aimable, elle lui reprocha d'abandonner la salle de bal, et l'y ramena en l'assurant que la chaleur était fort diminuée par l'absence des paquets dont la retraite embellissait la fête. La marquise de Rieux était à la mode parce qu'elle s'appelait madame de Rieux, qu'elle hal3itait l'hôtel de Montford, et qu'elle se mettait très-bien. Madame de Saveuse, appuyée sur son bras, fit sur-lechamp partie d'un de ces groupes, si éminemment exclusifs, qui composent ce qu'on appelle le grand monde à Paris, et s'y sentit tout de suite parfaitement à l'aise; car, une fois admise dans son sein, la plus grande simplicité y régnait. Sans avoir été nominalement présentée à personne, madame de Saveuse, patronisée