‹ La maréchale d'AubemerChapitre 6 sur 155 · CHAPITRE PREMIER. Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. Il

— Parce qu'il a dit que votre porte serait fermée , que vous seriez sortie , malade, impatientée, récalcitrante... que sais-je. . . que moi seule je réussirais à vous séduire ou à vous violenter... enfin parce qu'il a conclu que je vinsse, et me voilà... il a eu raison , puisque j'emporte les deux billets.

— Vous savez à qui ils sont destinés ?

— Non, mais très-certainement à gens fort convenables.

— Si vous étouffez tous à ce maudit bal, ce ne sera pas ma faute, souvenezvous-en î Malgré toute cette maussaderie dont M. d'Estouteville a sûrement fait un récit fort divertissant, j'ai eu la main forcée de tous côtés.

— Ahl vous voilà grognon! fi! cela est

laid, et ne vous sied nullement ; vous ne savez comment vous y prendre. Soyez tranquille, ma chère, votre bal sera charmant, et les compliments du lendemain vous feront oublier les tracasseries de la veille; je vous ai toujours vue comme cela.

— C'est un peu vrai, reprit la maréchale à demi-voix ; mais, ajouta-t-elle plus haut, chaque fois l'ennui de la veille est plus grand, la fatigue du jour plus pénible, et le succès du lendemain plus indifférent; aussi c'est bien le dernier bal que je donnerai de ma vie.

— Allons donc ! c'est encore là un propos de la veille. Vos baissent les plus, charmants de Paris ; toute la jeunesse vous en demandera, et vous ne la refuserez pas. »

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