‹ La maréchale d'AubemerChapitre 7 sur 155 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La maréchale secoua la tête d'un air mélancolique. Le bruit des marteaux s'étant rapproché en cet instant, elle s'écria vivement :

(( Entendez-vous cet affreux vacarme?

c'est une part des plaisirs de la fête ! ! ! »

Madame de Montford se prit à rire.

« Ma chère maréchale, vous avez le spleen; vous n'êtes pas assez enfant 'gâté pour vous laisser agacer à ce point de quelques invitations forcées et de quelques coups de marteaux obligés dans votre état naturel : voyons, calmez-vous. Que lisiez-vous là ? le discours de M. ***; ah ! ce n'est que justice, car il est votre ouvrage.

— Quoi, le discours?

— Non, l'académicien.

— Comment pouvez-vous répéter une

semblable sottise, et vous, qui êtes mon amie, me prêter un pareil ridicule?

— Moi, qui suis votre amie, je ne vous veux point si facile à irriter. Où serait le grand mal que l'intérêt d'une personne aussi distinguée que vous tournât à profit aux gens pour qui elle en professe un très-vif? Vous n'êtes vraiment pas raisonnable aujourd'hui ; je ne puis vous passer cette façon amère d'envisager une existence aussi douce que la vôtre, aussi libre...'

— Ah ! oui, très-libre assurément.

— Aussi brillante, aussi enviée, aussi. . . Eh bien, qu'avez-vous ? vous allez vous impatienter?... n'avez-vous pas, de l'aveu de tout le monde, la maison la plus agréable de Paris, la seule où l'on cause?

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