‹ La maréchale d'AubemerChapitre 61 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

teville ; lui-même regrettait une femme dont le mérite, qu'il exploitait souvent, ne le gênait en rien ; mais le chagrin de son fils lui d'cvint promptement fort ennuyeux. Les convenances extérieures étant pour lui comme une seconde nature, il ne songea même pas à se soustraire à une réclusion de quelques semaines, mais il s'occupa à alléger la tristesse de Henri pour éviter de la trouver contagieuse ; il y mit tant de bonté et de grâce que le jeune homme, profondément touché de si tendres attentions, reporta sur lui la tendresse qu'il éprouvait pour sa mère et s'efforça, par reconnaissance, de cacher sa douleur ; la légèreté de l'âge fit le reste. Peu de temps s'était écoulé et Henri prenait une part fort réelle aux distractions que son père

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cherchait à lui procurer ; elles étaient toutes intellectuelles, des entretiens spirituels, des lectures légères; le marquis changea le cours de ses études jusqu'alors dirigées par sa mère et par un précepteur, homme d'un mérite distingué ; les nouveaux auteurs mis entre ses mains donnaient lieu à des conversations où M. d'Estouteville s'appliquait à découvrir les sentiments intimes de son fils et à combattre ses scrupules par de douces plaisanteries sans jamais les heurter, se fiant à l'âge des passions pour les détruire ; et, le trouvant trop jeune pour entrer dans le monde, il le renvoya à sa garnison sans trop réfléchir que son vertueux instituteur, chanoine de la cathédrale, résidait dans la même ville. Henri ne tarda pas à re-

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