‹ La maréchale d'AubemerChapitre 63 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

il se persuadait vouloir seulement corriger des exagérations romanesques inspirées par sa mère, qui rendraient Henri peu propre à vivre dans le monde auquel il appartenait et l'éloigneraient surtout de se prêter à un arrangement que les affaires du marquis, il faut en convenir, rendaient à peu près indispensable. Il se trouvait tuteur de deux enfants, filles d'un prince souverain par un mariage morganatique non avoué, la mère étant morte en donnant le jour à la seconde. Le prince, bientôt après, avait fait pour complaire à son père une alliance royale, et les enfants avaient été confiées à l'amitié du marquis, accompagnées d'une grosse dol qui leur était assurée. Cette fortune lui faisait grande envie, et il désirait d'autant plus s'en ap-

proprier au moins une partie en faisant épouser l'aînée à son fils, que l'état délabré de ses propres affaires serait un obstacle dirimant à toute autre alliance. Rendons-lui la justice que les millions de la petite Allemande ne lui auraient pas fait surmonter la tache de la bâtardise, mais la mère était bonne demoiselle, il avait les preuves du mariage, il était bien décidé à les publier avant celui de son (ils et l'écusson d'Estouteville n'en serait pas sali. Ses scrupules s'arrêtaient là, mais non pas ses soucis: il s'attendait à trouver dans Henri une certaine répugnance à cette alliance de la main gauche, mais ce n'était pas la principale difficulté, ces enfants de l'amour se trouvaient, hélas! d'une laideur amère et fort démesurée ; or, les principes sou-

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