CHAPITRE V
effet, la nécessité où il se trouvait de vendre la terre d'Estouteville, de quitter la cour, Paris, et de se retirer dans un petit castel qu'il possédait au fond de la Bretagne pour y végéter dans ro\ibli ; quanta Henri, le modique héritage de sa mère suffirait à le maintenir modestement au service. Le marquis avait voulu attendre à le consulter avant de prendre ce grand parti dont il n'y aurait plus h revenir, les créanciers une fois éclairés sur l'état des affaires. Le pauvre Henri, atterré d'une confidence si peu prévue, se bornait à plaindre un si bon père et comptait pour peu son propre désappointement. Le marquis lui laissa toute la nuit pour méditer sur sa révélation, mais le lendemain il lui montra une ressource assurée dans son
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mariage avec la comtesse de Toreignstein, produisant en même temps les preuves de sa naissance légitime ; avec une telle dot en perspective, on pourrait conserver Estouteville, prendre des arrangements pour les affaires les plus flagrantes ; le marquis resterait à la cour en vivant des appointements de ses places, et Henri, au lieu d'être astreint au revenu de son héritage, pourrait, sans inconvénient, en manger le capital. Le prince avait toujours vivement désiré ce mariage pour sa fille, et ce serait aussi satisfaire à l'amitié; toutefois le marquis s'en rapportait uniquement à la volonté de Henri. Les circonstances ainsi posées, le choix ne pouvait guère être douteux ; ce ne fut cependant pas sans une vive inquiétude que le marquis d'Estou-