CHAPITRE VIII
Le prince Simon avait un goût très-vif pour la musique et la comprenait bien ; il se rapprocha du piano et remarqua le brillant de l'exécution :
(( Cette bourrée est si charmante, » ditil, « que je demande la permission de m'assûcier aux enfants, et d'en solliciter une autre : 3Iëme quand l'oiseau marche on sent quil a des ailes, et, si je ne me trompe, madame de Saveuse est grande musicienne.
— Ce sont des airs de nos montagnes, » reprit-elle, « et je les aime; ils doivent paraître monotones aux autres.
— Point du tout, » répondirent plusieurs voix. Ainsi encouragée et excitée par le plaisir évident qu'y prenait le prince Simon, elle se mit à improviser des varia-
tiôns sur une de ces mélodies montagnardes avec autant de talent que de goût; puis s'arrêtant tout-à-coup :
« Pardon, » dit -elle, « je m'oublie; je n'avais jamais rencontré un aussi bon piano. 1)
La maréchale s'était aussi rapprochée :
« Vous ne m'aviez pas dit que vous étiez musicienne, mon enfant.
— Vous ne me l'avez jamais demandé, ma tante. »
Lionel s'avança, et disposé, ce jour-là, à faire valoir, à sa façon, celle qui s'appelait Gudule de Saveuse, s'écria:
(( Mais elle chante aussi, faites -la
chanter, mesdames, faites-lui chanter de l'italien. »
Gudule , puisque aussi bien vaut lui