CHAPITRE PREMIER
veuve comme vous : pourquoi ne vous en rapprocheriez-vous pas ?
— Depuis vingt-cinq ans, Caroline est enfermée dans ses montagnes. Nous n'aurions pas une idée en commun, nous nous serions mutuellement insupportables; et puis, elle adoi'e sa fille.
— Allons ! voilà qu'après m'avoir envié
* mes enfants, vous querellez votre sœur
d'aimer les siens ! Mais cette nièce ellemême?... il m'est revenu qu'elle était bien.
— Oh! faites-m'en grâce!... une péronnelle qui a refusé le pauvre chevalier d'Aubemer pour épouser son cousin, ce beau fils que vous avez vu, je crois, chez moi Tannée dernière. Il ne m'a pas fallu plus d'une demi-heure pour le prendre à guignon.
— Décidément , vous êtes mal montée ; j'en reviens à mon premier dire, ma trèschère, vous avez le spleen : j'espère dans vos habitués du soir pour vous distraire et le dissiper.
— Mes habitués du soir ! est-ce que je puis rester chez moi dans un pareil houlvari ?,.. et je n'ose aller nulle part dans la crainte de rencontrer des gens qui me feront la grimace, ou me demanderont des invitations pour demain.
— Venez dans ma loge à la Comédie Italienne : ces jeunes dames ont une partie entre elles, j'y serai seule et nous nous barricaderons. »
Cette fin de dialogue se tenait près de la porte par où la duchesse allait sortir; elle s'ouvrit, et un domestique présenta