‹ La maréchale d'AubemerChapitre 96 sur 155 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

chale; on en était déjà en fort bon train. Henri se laissa dire par Lionel combien elle était impérieuse, exigeante, égoïste. Il ajouta de son côté qu'elle était capricieuse et mobile : sa nièce paraissait bien son héritière naturelle, mais tout le monde lui avait vu quelques années plutôt adopter le chevalier d'Aubemer, pareille fantaisie pouvait lui reprendre pour un autre. 11 fallait donc cultiver la préférence que madame de Saveuse avait le talent d'inspirer à la vieille maréchale, et l'entretenir incessamment par sa présence et par ses soins. Lionel confessa humblement sa crainte de ne pouvoir faire entrer sa femme dans ses vues; elle aimait sa tante, mais beaucoup moins que sa mère, et ne rêvait que le retour à Saveuse.

208 LA MARÉCHALE D'AUBKMER.

« Eh bien ! tant mieux, mon cher, reprit d'Estouteville. Vous avez trop d'esprit et de jugement pour ne pas savoir diriger votre petite femme sans qu'elle s'en doute, et les instruments aveugles sont souvent les plus utiles dans une main intelligente. »

Tout bien considéré, il fut décidé, séance tenante , que les Saveuse n'iraient pas en Limousin, et que dès l'hiver prochain l'habileté de Lionel devait, en réussissant à s'installer en maître à l'hôtel d' Aubemer, en faire l'homme le plus à la mode de Paris.

Le raccommodement entre d' Estouteville et la princesse de Montford s'accomplit dans ce même temps très-ostensiblement.

Lionel en prit assez d'humeur, mais n'osa pas la témoigner à ces deux coryphées de

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