‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 100 sur 145 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de métal pour qu'elle s'y remue à chaque pas qu'il fait , soit que les chaînes d'acier qui la soutiennent à son côté se froissent entre elles, soit enfin que la grande croix de Lorraine, qui pend sur sa poitrine , touche par Textrémité le haut bout de son poignard. 11 est dans la force de Tage ; sa barbe est courte et noire , son teint brûlé par la poussière et le soleil des camps, son œil vif, son regard assuré et bienveillant à la fois. Le harnais de guerre a, dans plus d'une place, noirci son justaucorps et terni ses broderies; mais ces marques noires qui se voient où pèse le corselet, comme sur les épaules , ou encore au côté où s'appuie la lance, sont cachées, tant bien que mal, par sa cape de velours noir, bandée d'argent , et par son écharpe incarnat. Ses jambes, devenues tant soit peu arquées à force de presser les flancs de ces puissants chevaux de bataille qui l'ont si souvent conduit à l'ennemi, sont recouvertes de longues bottes rouges; rouge aussi est la plume de son bonjiet de velours ; « car de ioiU temps, dit un contemporain, il aimait le rouge et l'incarnat , mesme avant qu'il fuftl marié; et je dirais bien la dame qui lui donna celte couleur... »>

— M. le duc de Guise 1 s'écria madame de

Valentinois avec une surprise mêlée de respect et en s'avançant tout d'abord à sa rencontre.

— A la bonne heure , dit-il en s'inclinant courtoisement et en porlantla main de Diane à ses lèvres , et , vrai Dieu ! de Taventure étrange qui m'amène à vos pieds , ce que j'aime le mieux, c'est le dénoùment, madame.

— Tôte-Dieu pleine de reliques! madame la duchesse, ajouta brusquement M. de Montmorency en prenant Taulre main de Diane qu'il i^ecoua rudement; c'est mal, d'avoir effrayé ainsi notre vieille amitié, cl dites , n'y a-t-il d'autre moyen plus galant d'inviter à une fête que celui employé par votre grâce?

— Je ne vous comprends pas, messeigneurs, répondit la châtelaine... Vous, monsieur le duc, vous parlez d'aventure étrange , ojouta-t-elle en s'adressant à M. de Guise; bien étiange en effet est l'événement qui vous l'cmet en mémoire vos amitiés d'autrefois... Ce dénoùment du goût de votre grandeur, ce n'est pas n^a faute, je vous assure , s'il s'est fait aussi longtemps atlendre ; je ne suis point de ceux qui retardent ce qui doit faire leur joie , et ma joie est grande, monsieur le duc, de recevoir encore chez moi le vainqueur de Kcnli , le défenseur de Metz, le

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