‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 103 sur 145 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

— EIi bien! que cette chasse où l'on se fourvoie, que ce message alarmant, sont autant de ruses, de moyens détournés...

— Pour nous attirer ici ! dit M. le connétable. Vive-Dieu 1 j'avais dans la lêle une idée à peu près semblable.

— Qui mit jamais en doute votre pénétration, monsieur? reprit le maréchal , déjà enchanté d'avoir éludé la réponse qu on lui demandait.

— Mais dans quel but aurait -on nïénagé celte rencontre? demanda Guise en regardant M. de Saint-André. Celui-ci se frottait le menton et souriait avec mystère.

— Demandez-le à M. le maréchal, messieurs, dit Diane qui lobservait aussi, il en sait à ce sujet , je crois, plus que qui que ce soit ici.

— Moil dit-il , quelle apparence?

— Sous les dehors brillants et tout paciGques d'un homme qui ne s'occupe que de ses plaisirs, ajouta Diane, M. de Saint-André a le regard pénétrant de l'homme d'état et le savoir-faire du politique le plus raffiné; il y a longtemps que sa majesté le roi Henri JI a porté de lui ce jugement.

— Vous verrez, s'écria le maréchal, que ce sera moi...

— Qui nous a tous amenés ici? dit M. de Montmorency en Tinterrompant. H y a déjà quelques instants que je m'en doute.

— Puisque vous en convenez, niaréclial , ajouta M. de Guise, dites-nous au moins quel était votre motif?

— Je ne conviens de rien, reprit vivement M. de Saint-André; et quant au motif, si j'étais réellement Fauteur de cette réunion , il me serait facile, je crois, de...

— De l'expliquer, n'est-ce pas ? reprit Diane, de l'expliquer en bon Français et en bon calbolique. En effet, messieurs, ajouta-t-elle en passant amicalement son bras sous le bras du vieux connétable, et en l'attirant vers M. de Guise, les bons calboliques et les bons Français se réjouiraient fort de vous savoir à cette heure si près l'un de l'autre, et ils donneraient gros, je crois, pour être sûrs qu'un franc et loyal accord sera le résultat de cette heureuse rencontre.

— Qui a rompu le premier ce loynl accord, madame? répondit le connétable en résistant un peu au mouvement qui le poussait vers M. de Guise.

— Mais apparemment, répondit le duc , celui qui, à la mort du roi Henri 11, s'empressa d'aller

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