CHAPITRE IV
aux princes, et d'appeler le Navarraisà la cour, comme s'il n'y eût pas eu déjà assez d hérétiques en France !
— Hérétique, le roi Antoine de Navarre 1 Hérétique doublé de catholicisme pour le repos de ma conscience de premier baron chrétien , comme votre pourpoint , monsieur, jaune en dessus, rouge eu dessous : le passe-poil est toujours là pour faire espérer qu'il se retournera. A sa mort, saint Pierre et le diable se querelleront bien, je crois; à moi le catholique, dira Tun ; — à moi le parpaillot, dira Tautre ! Qui finira la querelle? le bon Dieu ; et il mettra , du rSavarrais, les deux paris en enfer: Tune, parce qu'elle fut huguenote, etTautrc, parce qu'elle fut mauvaise catholique. — Si je l'appelai , du reste, à qui la faute, monsieur? Quand nous revînmes d'enterrer le feu roi , nous trouvâmes les paris faites, et l'on n'avait guère songé aux absents... Pendant quon les oubliait, nous faisions notre devoir , monsieur ; nous portions devant le cercueil d'un roi de France cette épée de connétable qui ne lui faillit jamais contre ses ennemis, et du moins Ton ne trouva pas, cette fois, attachés au drap du cercueil royal, ces mois de funérailles plus récentes : Où es-tu, Tan-
neguy? Moiilmorency pleurai! encore Henri II à Saint-Denis, tandis qu'au Louvre, dans le cabinet de Catherine, sa veuve, on s'agilait fort pour savoir qui aurait le gouvernement de Llle de France; qui, celui de Picardie; qui, enfin, la charge de grand-maître de la maison du roi, ni plus ni moins que si le fidèle serviteur qui avait suivi son maître dans son dernier gîte eût dû , comme les esclaves des Pharaons d'Egypte, s'enterrer tout vivant dans son caveau.
— Vous en êtes sorti, monsieur; qui en doute? répondit Guise en riant; vous en êtes sorti, et on La bien vu au parlement, on, chargé de rendre compte des affaires d'Amboise, vous vous êtes arrangé de façon qu'un complot qui menaçait la vie du roi et la sûreté de Tétat n'a plus été qu'une embnscade contre mes frères et contre moi!
— Aussi, le crois-je , monsieur ! s'écria Montmorency ; et Tôle-Dieu pleine de reliques ! l'on n'eût pas eu besoin de bourreaux et d'estrapades pour faire tomber les armes des mains aux malcontents d'alors, si le jeune roi que nous pleurons à cette heure avait obtenu de messieurs de Lorraine ce qu'il demandait, quand il s'écriait devant eux d'une voix touchante : Quel mal ai-je