CHAPITRE IV
fait à mon peuple? Pourquoi m'en voudrait-il? Éloignez vous pendant quelque temps, afin que je puisse connaître si c'est à vous ou à moi qu'on en veut.
—Propos d'enfant malade 1 Noys n'y sommes plus ; et voyez-vous que tout aille mieux? Notre retraite a-t-eile pacifié les esprits? Vous voyez qu'il n'en est rien. Quels que soient les hommes qui s'approchent du trône pour le conseiller, il faut qu'ils s'y présentent armés, monsieur, non de belles paroles, mais d'une l)Oime épée , car c'est à la royauté qu'on en veut à présent ! En AUemngne, il n'y a point de Guise, que je sache , et voyez! Les premières paroles de Luther sont lin signal de soulèvements, de violences et d'ir.surreclions contre les seijjneurs let les évêques! C'est d'abord la puissance du pape et l'autorité de l'Éjlise qu'on attaque ; mais on ne s'arrête pas en si bon chemin : partout où il y a devoir et oblifrnlion, on ne voit plus qu'un jou>j à briser... après le sophisme, l'épéc; l'abus de la parole mène à l'abus de la force. — Ils en sont là, et leur cri : Plus d'évêques! ressemble, à s'y méprendre, à ce cri : Plus de roi !
— Et qui plus que les descendants de Charlcma{;ne, dit le connétable, en faisnant allu- 1 \[\
sion aux vues nmbiliciisos que l'on prôlail uHx Guise; qui j)lus que les desceiulaiils de Cliarloaiaf^ne ont inlérél à ce qu'il y en ait un, monsieur?
— Me faire roi ! Mais , si je l'eusse voulu , monsieur, qui m'en empêchait à ia mort de François 11? Où étaient les opposants? Où étiezvous , monsieur? Où élait le prince de Coudé? Est-ce le Navarrais qui l'e t e péché? la cour , les états d'Orléans, les gens d'armes qui s'y trou- ^aient , n'élaieul-ils pas tous à ma discrétion? Les conseils dans ce sens ne manquèrent pas... Je ne voulus jamais y entendre, et ce que je dis alors , je le dirai toujours : Il n'est ni de Dieu , ni de raison d'usurper le droit et l'autorilé d'autrui : ces mots, je les ai répétés à mon fils pour qu'il s'en souvienne quand je ne serai plus de ce monde... Après cela, qui sait? S'il est ambitieux , si la faveur publique lui conlinue le lôle de conservateur qu'elle m'a donné, et si la royauté, tortueuse dans sa route, marche toujours au pas que lui a enseigné Catherine , il se peut qu'il oublie... — Mais non, non, ajouta-t-il en se frappant le front, et quelque chose me dit là qu'il y aura toujours une arquebuse ou un couteau tout prêts pour nous empê-