‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 106 sur 145 · CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY

cher de franchir le dernier pas, si jamais nous en étions tentés!

Il se lut et resta plongé dans de sombres pensées.

— Monsieur , dit le connétable, je déteste les huguenots plus que personne au monde ! Pour vous , ce sont les ennemis dos rois, pour moi , ce sont les ennemis de Dieu! et le premier baron chrétien aime plus son Dieu que son roi ! ajoutat-il en faisant un grand signe de croix.

— Et cet amour se prouvera-t-il par des paroles seulement, ou par des actions? s'écria un personnage vêtu de noir, qui jusque-là s'était tenu à Técart ; \ieux chrétien , ne ferez-vous pas à la cause de voire Dieu le sacrifice de votre ressentiment?

— Vous le voyez, connétable, dit la duchesse, la voix (lu Ciel s'unit à la voix de Tamitié , et mon chapelain , M. Pabbé Guillaume de 13èzc, que j'ai Thonneur de vous présenter , sert ici d'organe à celle France catholique pour laquelle vous avez déjà tant fait !

— Soutiens do la même cause, reprit le juc- Irc avec chaleur , en refus.uit de vous enlendie pour son triomphe, ne craignez-vous pas détre responsables des progrès de I hérésie el des maux

qu'elle prépare à la société?... Oubliez-vous, messieurs, quM s'afjil d'un changement de relijjion î Qui donc vous réunira, mon Dieu , si vous restez avec la haine dans le cœur et la discorde entre vous devant un tel péril? 11 s'agit d'un changement de religion ! et vos mains ne se réunissent pas sur la croix pour la soutenir et la défendre !

— Quelle que soit la main que j'y rencontre , dit le connétable , je suis prêt à la serrer aussi cordialement que si elle eût toujours été celle d'un ami et d'un frère!

A ce mot de frère , le prêtre tressaillit.

— Et moi , dit à son tour M. de Guise en mettant avec cordialité sa main dans celle du vieux gentilhomme, au nom de celui qui ne s'est souvenu des offenses que pour les pardonner, j'abjure toute haine , tout ressentiment, et je prie Dieu qu'il me fasse retrouver une aussi bonne disposition au moment de ma mort ! Eh bien , maréchal , ajoula-t-il en se tournant du côté de M. de Saint-André, vous jouissez de voire ouvrage ! cette entrevue que vous avez amenée avec tant de difficulté a-t-elle le résultat que vous en aviez attendu?

— Oui, en vérité, répondit le courtisan en

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