‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 108 sur 145 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

contusion , c'est... ce serait un grand malheur I Et pourtant, d'un moment à l'autre, il faut s'attendre à la nouvelle d'une première rencontre. . . d'une collision sérieuse...

— Sans doute, reprit brusquement le connétable, les poudres sont à Tair; on bat le briquet, là, tout auprès... l'explosion ne peut tarder. Eli bien! quoi, monsieur l'abbé, vous voilà pale et tremblant comme si vous aviez votre soutane sur la traînée qui doit meltre le feu à ces poudres !

— Monseigneur, répondit gravement l'ccclésiaslique, chacun fait à sa foi le sacriGce qu'elle exige... Mais il y a un effort plus grand que celui qui vous fait tendre la main à un ri^al d'ambition et de fortune, c'est celui qui vous la fait retirer des mains d'un frère , pour qu'elle reste fidèle.

— Quoi! votre frère, monsieur... dit Guise avec beaucoup d intérêt... En effet, ce nom de Bèze... Etes-vous donc le frère de ce ministre, élève de Calvin, qui essaya de défendre à Poissy, devant la reine-mère et contre mon frère, le cardinal de Lorraine, les enseignements de la réforme?

— Nous sommes nés dans un temps d'c-

preuves, répondit Irislement le prêtre , dans un temps où l'on a vu les adorateurs du vrai Dieu et les prêtres de Baal sortir de la même lente, et Pivraie pousser sur la même lige que le bon grain.. Mon frère, reprit-il en baissant la lête , mon frère, tombé dans Terreur , renseigne maintenant aux autres... il est un de ceux que les liéréliques nomment leurs ministres... c'est ce Théodore de Bèze dont vous avez entendu parler!

— Eii bien! monsieur, voilà qui vaut mieux, dit le vieux connétable tant soit peu vexé de la leçon qu'on venait de lui faire; voilà qui vaut mieux que si votre frère était reître , gendarme ou pistolier au service des huguesiots, et que si vous-même fussiez reslé bon catholique avec une hallebarde au lieu d'un goupillon. Vous ne vous rencontrerez pas, du moins, sur le champ de bataille, si Ton en vient à jouer des couteaux. Tout ce que vous risquez, c'est de vous retrouver un jour chaire contre chaire, ajouta-l-il en riant de son jeu de mot, et, de ces combats-là, le plus vif ne fait pas grand niai à ceux qui s'y exposent; on l'a bien vu au colloque de Poissy !

— El sou âme! reprit le prêtre avec une

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