CHAPITRE IV
pieuse exaltation , sou âme qu il risque daus celte lutte impie!
— Ne vous alarmez pas , mon père , dit Diane avec bonté , toutes les voies de réconciliation ne sont pas encore parcourues, et la modération, la douceur...
— La douceur!... Oh! non, madame, répondit le prêtre en secouant la tète, voici ceux qui se chargent de terminer la querelle, et Tépée est à leur côté!
— Mais, dit Diane, tant que cette épée n'a pas été tirée du fourreau...
— Elle Ta été, madame, dit Guise d'une voix altérée; elle Ta été sous mes yeux, et, malgré tous mes efforts , le sang a coulé. .. beaucouj) de sang, ajouta-l-il d'un air sombre.
— 0 mon Dieu ! s'écria le prêtre.
— Ah ! ah ! fit le rude vieillard.
— Comment cela? dit Diane consternée.
— Il y a quelques jours... dans mon voyage pour me rapprocher de Paris, en passant dans une petite ville... les huguenots tenaient leur prêche dans une grange ; une querelle s'émut entre eux et les gens de ma suite, (jui s'entendirent traiter de papistes et d'idolâtres. Accouru pour apaiser ce bruit, je fus blessé d'un coup
de pierre au front... Comme mes amis et mes serviteurs me virent le visage tout en sang, leur furie s'augmenta de telle sorte, qu'ils tuèrent près de soixante personnes et en blessèrent deux cents.
— 11 n'y a plus à s'en dédire , s'écria le connétable, et voilà le signal donné !
— O mon Dieu ! répéta le prêtre.
— Je sais quelles accusations la haine religieuse et l'esprit de parti tireront contre moi de ce déplorable événement, ajouta M. de Guise; mais je proteste, je protesterai encore à ma dernière heure, contre ces accusations ; j'atteste que ce fut un accident non prévu , que les huguenots furent les agresseurs , et qu'il n'y eut aucune faute de ma part, étant resté privé de connaissance par suite du coup que j'avais reçu, pendant le temps qu'il fallut à mes gens pour assouvir leur fureur et leur vengeance.
En ce moment, la quatrième porte s'ouvrit. Un page entra.
— On demande M. l'abbé Guillaume, dit-il en s'avançant au milieu du salon. Un messarier vient d'arriver pour lui au château.
— Pour moil dit l'abbé : sa voix était singulièrement émue.