‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 113 sur 145 · CHAPITRE V. 2Ct · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 2Ct

vos pratiques, je vous citerai, moi, une autre femme, une femme, l'honneur de son sexe et Thonneur de notre cause à laquelle elle s'est ralliée. C'est la maréchale de Saint-André. Abandonnée depuis de lonijues années dans un château désert, trompée, ruinée par son époux , elle vit seule avec sa fille, ayant au cœur une passion qui la dévore. Et Tobjet de cette passion ardente est un noble et rjlorieux gentilhomme, je vous assure. Mais sans secours de prêtre ni de chapelain , ayant pour tout guide une Bible, pour toute consolation les enseignements du prêche, la noJ)le dame est restée sage et pure, et depuis longtemps son amant, caché aux environs de son château , sollicite vainement un instant d'entretien. C'est la femme forte de l'Écriture, et malgré cet amour qtii dévore son cœur. . .

— Attendez, attendez, mon frère, c'est moi qui vous le dis à mon tour. Une femme qui nourrit avec complaisance un amour adultère doit un jour succomber à la violence de sa passion. C'est là un poison lent qui mine, qui dévore , et si la femme essaie à résoudre ce problème impossible qui consiste à garder sa vertu en conservant au cœur une pensée coupable, cette pensée brûlante la conduira au tombeau;

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car jamais votre religion vague , sans pratiques, sans assujettissement, sans autorité, u'aura assez de force pour confondre le sophisme de la passion, pour relever, fortifier, secourir lame qu'elle aura égarée.

Voilà ce qui se dit dans la cliambre du chapelain de madame de Valentinois. Le dialogue est plus animé dans la salleoù se trouvent les officiers de la suite de Diane et des seigneurs réu* nis chez elle.

Un nouveau venu a monté le diapason des différentes voix qui s y font entendre, au ton de la dispute et du défi. Ce nouveau venu est un geutilliomme que déjà nous avons vu à la suite de M. le maréchal de Saiiit-André.

Saint-Sornin est arrivé au milieu du repas. Il avait accompagné le grand seigneur dans son excursion galante; et, pour le laisser plus libre, il était allé Taltendre dans une auberge du voisinage. Là , apprenant que le maréchal était officiellement installé au château , il avait cru convenable de Ty rejoindre.

Letitredegentilhommeà la suitedeM.de Saint- André Lavait fait accueillir avec empressement par les officiers réunis à table. D'un premier regard il avait vu où était la bonne j)laco , c'est-à-

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