‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 114 sur 145 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

dire où se Irouvait la plus jolie femme de la société; et son dépit avait été grand en s'apereevant que celte place était prise, et par qui? par Mézières, par celui qu'il déteste le plus au monde.

— Vous ici , jeune homme, dit-il d'un air hautain, et comment cela? Quand monsieur mon cousin, le maréchal de Saint-André, m'apprit qu il m'emmenait avec lui à Anet , il me dit que nous partirions seuls, sans suite, avec uu seul valet pour tenir nos chevaux. !1 vous avait donc envoyé ici à Pavanée?... ou hien, prenant >o8 vacances , y seriez-vous pour votre compte particulier? ajouta-t-il en jetant sur Eve un regard insolent.

— Je vous préviens, monsieur, répondit le jeune écuyer, que je ne sais pas un mot de ce que vous pouvez avoir encore à me demander. Je ne réponds qu'à ceux qui ont le droit de m'inlerroger , et je ne connais à personne celui de le faire avec le toii que vous prenez ici !

— 0[i vous y habituera , mon jeune galant, répondit à voix basse le nouveau venu. Il alla s'asseoir en face, juste à Taulre bout de la table, et là , tendant son verre au valet qui servait à boire :

'2m LIVRE I.

— Par-la-sambleu ! dit-il , la première rasade à riioniiêteté de votre réception , mes gentilshommes, et à la beauté des dames ici présentes!

Il but rubis sur Tongie, et, tendant de nouveau son verre :

— Moi , Hercule-Alexandre de Saint-Sornin, qui m'étais résigné à passer ma nuit dans une détestable auberge de village , en me trouvant transporté tout à coup à une bonne table, parmi cette honorablesociété, je suis comme l'homme qui , voyant dans un rêve son cou pris par la pince du diable , se réveille dans Tétreinte de deux beaux bras.

Il but encore , après quoi il se frotta les yeux :

— Ahl dit-il, je commence à voir clair. Quand j'ai soif, j'ai un nuage sur les deux yeux, et il TiC faut rien moins que deux coups de vin , un pour chaque œil , si je veux guérir ma berlue.

il se trouvait, nous l'avons dit, en face de Mézières et d Eve ; en regardant cette dernière d'une manière extravagante et passionnée, il s'écria :

— Ravissante perspective! L'homme qui retrouve l'usage de sa vue pour apercevoir des roses, n'a rien de mieux à faire que de boire au printemps, la saison des amours, et c'est ce que

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