CHAPITRE VI
chasseurs qui s'appellent, qui se répondent, à ces hennissements, à ces piétinements de chevaux sur Jes dalles des cours, h tous ces bruits depuissi longtemps oubliés dans ces lieux, à ces bruits qui courent le long des portiques retentissants et montent jusqu'à la pointe des tourelles, d'où s'envolent les pigeons elfraycs^ le noble manoir semble se ranimer de ses longues années de solitude et <rabandon , car ce n'est pas une de ces massives et imposantes constructions aux contours sévères, aux teintes grises et ternes, faites pour s'endormir dans quelque lande stérile, ou pour veiller au sommet d'une colline crayeuse, comme un homme d'armes du moyeu âge sous son armun bronzée; c'est une galante et coquette demeure parée par la renaissance des beaux-arts de la cour de ce brillant François F', avec des dentelles autourdu cou, des panaches sur la tète et les fantaisies brillantes de mille broderies. 11 lui faut, à la riante demeure, des dames qui se mirent aux fenêtres, des pages qui courent sous ses arcades, de beaux chevaux arrêtés à ses portes : c'est s;t fêle, quand les plumes, le velours, la soie, h gaze, le satin se croisent à ses pieds, s agitent à ses ouvertures; ses murs n'ont d écho et de re-
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lenlissemenls liarmoniciix que pour les chanls (le joie, que pour les appels au plaisir.
Tayaut, tayaut! Voici M. de Guise qui part pour la chasse comme s'il s'en allait en guerre; voici M. de Montmorency qui chemine déjà hors du château au trot de madame sa mule , en récilantses patenôtres, chose qu'il n'ouhlie jamais, même en {j^uerre , car souvent il les interrompt pour dire : Briilez-moi ce village ; branchez-moi ces maraudeurs !
Madame Diane est de la partie. N'est-ce pas • miraculeux de la voir si belle encore , si droite , si accorte , galoper le pied sur la planchette , à dos de haqueuée, à Tàge où les autres dames en sont réduites au coin du feu , à l'histoire de mère grand? Courage! en route! la chasse sera bonne à la croix du carré et du côté de Sorel ; mais gare à vous si vos chevaux ne sont pas faits à la fatigue d'une longue course , mes seigneurs, car vous ne trouverez le cerf rendu qu'au Guéaux-Graes!
Seule sur l'élégante terrasse qui accompagne, de chaque côté, la porte principale du château, aj)puyée sur la gracieuse balustrade, au pied du cerf de bronze dont la oatle marque l'heure,