‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 126 sur 145 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Eve Métézeau suit de Topil les chasseurs dans la piaille.

Elle n'a pas vu Mézières dans ce groupe d'écuyers. M. de Saint-André n'a d'autre suite avec lui que Saint-Sornin et son valet... Où est le jeune lionune? Elle s inquiète, se tourmente de cette absence. En cet inslant, elle entend sonner derrière elle des éperons sur les dalles do la terrasse, elle tourne la tète : c'est l'écuyer en personne, celui dont la pensée Toccupe, qui vient lui faire ses adieux.

Des vêlements noirs d'une grande simplicité ont remplacé son costume brillant (\{} gentilhomme à la suite d'un grand seigneur. Une bonne épée de guerre pend à son coté et , à son chapeau retroussé, une plume blanche, c'est la couleur des jjartisans de Coudé, (lotte en arrière, balayée par le vent

— Vous partez, Mézières! lui dit-elle avec un tendre intérêt.

— Je pars, Eve.

— Triste et noir comme un religi(»nnaire?...

— C'est la couleur que je dois porter, c'est l'air (jue je dois avoir!

— Où allez-vous/

— Parloiit où je trouverai le chemin qui doit nie mener à la vengeance !

— Pauvre Mézières !

— Oui, hier encore sommeillant, rêvant, allendant, espérant; réveillé aujourd'hui, réveillé par un éclat de foudre, et n'ayant plus devant moi qu'un chemin positif, qu'un but arrêté. Il n'y a rien comme un coup imprévu pour simplifier la question que tous les jeunes gens se posent h leur entrée dans le monde : que ferai-je? Depuishier , je fais, moi, ce que je veux... c'est toujours cela de gagné! adieu.

— Il m'est bien cruel de penser, s'écria la jeune fille avec des larmes dans les yeux, qu'à cause de moi vous êtes venu ici; oui... le désir de défendre une pauvre fille, dont le frère, dont le père sont absents, vous a seul attiré dans ce chûleau! Sans moi vous n'auriez pas eu celle querelle, sans moi...

~ J'ai rempli un devoir en venant vous préserver d'un piège que je voyais sous vos pas : ce devoir, mademoiselle de Saint-André me l'eût elle-même dicté... Ah! que l'idée et le souvenir qui me soutiennent dans mon infortune ne vous aflligenl pas, mademoiselle... Adieu encore... et si jamais vous la revoyez, celle que je

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