‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 16 sur 145 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

bord, pour ne pas aimer autrement ensuite... Noble demoiselle , que la Sainte Vierge veille sur vous; pronez-la pour mère..." Votre innocence et votre foi ne courront jamais de dangers en marchant sur les traces de celle mèrelà..., ajouta-t-il en qppuyant sur ces derniers mots.

— Quant à vous, mon jeune maîlre, reprit le vieillard, après quelques instants de silence, sachez que le cœur de Ihomme est comme les

caves des vieux châteaux abandonnés il y

en a qui récèlent des trésors : il faut visiler celles-là , et y allumer des flambeaux qui les éclairent; il y en a d'autres qui cachent des reptiles malfaisants, capables de troubler la pureté de la source prochaine : il faut les murer impitoyablement et ne permettre à qui que ce soit d'y descendre... Croyez-moi, faites votre profit de ce que je vous dis là!

Il se tut; les auditeurs du bonhomme gardaient aussi le silence. La surveillante étrangère que madame de Saint-André avait donnée à ces enfants fit approclier la litière, toujours en insistant sur la nécessité de retourner promptement au chAleau pour ne pas inquiéter warftfww?.

Les jeunes lilles quittèrent la cabane du pûtre et prirent place dans la lourde voilure.

Le page, que la présence de mademoiselle de Saint-André avait seule contenu dans sa colère contre le vieux berjjer , remonta sur son cheval redevenu docile, et la caravane se remit silencieusement en route , laissant le solitaire aux graves pensées revenues dans son esprit à la suite de ce moment d'exaltation , et , pour ainsi dire , de seconde vue.

Il restait immobile sur le seuil de la chaumière, tandis que la voiture s'éloignait. Une pure et délicieuse tète de jeune fille, à quelques pas de là , sortit par la portière de l'antique carrosse... 11 reconnut la figure d'Hélène.

— Adieu, bon vieillard, lui cria la jeune châtelaine • ne nous oubliez pas dans vos prières.

Puis elle lui fit signe d'approcher. Le carrosse s'était airêlé.

— Tenez ! dit-elle , en jetant une petite bourse dans le chaj)eau du berger... Il y a des pauvres qui soultienl dans votre hameau... distribuezleur cet or... L'aumône est la prière du riche... Priez pour moi, ajouta-t-elle en se baissant vers lui, et si près que les voiles de la jeune fille

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