‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 32 sur 145 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

» messieurs de Guise : ils triomphent de tout, » Le coimélable, M. de Montmorency, s'est re » tiré dans ses terres. Quant au prince de » Coudé, il est toujours dans sa prison. »

— Ah ! fît l'inconnu en riant et en interrompant la dépêche ; c'est chose miraculeuse, vraiment, de voir comme vos correspondants , mon maître, sont au courant de ce qui se passe.

— « Le prince de Condé est toujours en pri- » son , » répéta le ministre. Oui, ajouta-t-il d'un ton {jrave et en laissant tomber la lettre sur ses genoux , toujours en prison ! En effet , en admettant qu'il en soit sorti , si l'on sait son inaction , son sommeil , son obstination à ne pas rendre témoignage contre l'erreur , à ne pas s'armer contre la Babylone moderne, à ne pas se présenter comme le bouclier d'Israël ; que peut-on dire, sinon qu'il est toujours retenu par les liens d'une fausse prudence , d'une damna ble circonspection , en un mot qu'il est encore , qu'il est toujours en prison ! !

Le grand seigneur siffla nonchalamment un air de trompette. L'homme noir soupira, leva les yeux au ciel , et reprit sa lecture :

— « On assure que son jugement est pro- » nonce d'avance , il sera condamné à mort. »

Le lecteur regarda son auditeur, et, voyant qu'il ne paraissait pas avoir entendu , il lépéla lentement:

— « Il sera condamné à mort ! »

— Ah ! fit encore Tinsoueiant , et il s'étendit au soleil.

— « On parle même de dresser son écha- » iaud sous les fenêtres du palais où se tiennent » les Etats à Orléans , pour intimider ceux qui » seraient tentés de le défendre et même de le » plaindre... »

— Un prince du sang, et du sanrr de prince sur Téchafaud, ce sera beau , cela ! En vérité , si nous avons du temps de reste à cette époque, nous irons à Orléans pour cette fête, Théodore, d'autant plus, ajouta-t-il en souriant, qu'elle ne serait bien complète qu'avec nous!

Un léger mouvement d'épaules dans celui qui lisait prouva que la plaisanterie était peu de son goût. Il reprit sa lecture :

— « On s'étonne de voir, la reine-mère souf- ») frir que les Guise, qu'elle n'aime pas, pren- » nent autant de pouvoir. »

— Ah ! je suis tranquille; ils ne le garderont, pardieu! qu'autant que cela plaira à dame Catherine.

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