CHAPITRE III
son Macchabée ; et vous vous taisez ! Oubliezvous que Dieu semble vouloir vous élever audessus de tous les grands de la terre, en frappant de maladie et d'impuissance les faibles rejetons d'une race qu'il a condamnée ? Oubliezvous que ceux qui vous demandent une parole d'encouragement et d'espérance peuvent un jour vous donner un trône?
— Pour cela faire, il eût fallu trouver une autre retraite ; un appel comme celui dont vous parlez, monsieur, ne se fait que derrière de bonnes murailles, et non dans une forleresse du genre de celle-ci , et sous la garde d'un chien , ajouta-t-il en riant.
— Eh! monseigneur, jevous ledemande, qui vous force de rester ici?
— Oui, répondit-il en hochant la tête, qui m'y force? Un pouvoir magique, irrésistible, ajouta-t-il en regardant du côté où il aurait pu apercevoir la pointe des tourelles du château de Mézières sans l'élévation des peupliers qui Tentourenl.
Il soupira profondément.
— Oui, s'écria le ministre, elle est là! Et ne craignez-vous pas d'entendre, comme David, ces autres mois terribles que vous adressera le
Seifjneur : « Je vous ai délivré de la main de » Saiil, jevous ai rendu maître de toute la mai- » son d'Israël et de Juda ; si cela produit peu » de choses je suis prêt à y en ajouter encore » beaucoup d'autres. Pourquoi donc avez-vous » méprisé ma parole jusqu'à commettre le mal » devant mes yeux? C'est pourquoi l'épée ne » sortira jamais de votre maison, parce que » vous m'avez méprisé et que vous avez convoité i> la femme d'Urie. » Comment, mon fds, avezvous pu vous laisser prendre dans les lacs de l'étrangère? Qu'espérez-vous d'une passion qui ne peut vous mener tous deux qu'aux ignominies (le l'adultère?
— Monsieur, répondit froidement le grand personnage, n'oublions pas, je vous prie, noire j)osition réciproque. Voici des questions qui tombent tout à fait dans le domaine de la confession , ce nous semble, de la confession que votre maîlre Calvin repousse; vous n'avez pas apparemment envie de la maintenir pour moi... Le catholique qui se met aux pieds du prêtre catholique se soumet à ses remontrances, à ses avis; il le prend pour juge entre Dieu et lui; et le juge a le droit de demander au coupable les explications qui peuvent lui faire apprécier sa