CHAPITRE lu
car elle l'a dit... En vérité, vous n'avez rien à craindre , monseigneur , et vous pouvez me suivre î
— Non, je n'irai pas... je n'irai pas, dûton venir ce soir me chercher pour me conduire au billot que les Guise m'ont fait préparer sous les fenêtres des états... Ma vie à Dieu, mais l'honneur de ma dame à moi ! Et dis-lui qu'il restera pui**; car j'aime mieux mourir que de faire qu'il ensoit autrement. Pourtant j'ai tressailli bien délicieusement d'amour et de bonheur à ces mots : Marguerite vous attend, Marjïuerite vous appelle : No le lui cache pas ! mais dis aussi que le combat n'a pas été long. Ma vie achetée par son déshonneur ne vaut pas la peine qu'on y pense. Marguerite en serait morte, elle (jui a pris pour devise Ihermine disant au chasseur ; La mort, mais pas de tache! Elle en serait morte , te dis-je , et cela ne m'aurail-il pas tué, tout aussi bien que la hache du bourreau ! Maintenant, ton message est rempli, et tu sais ma réj)onse... Encore un mot, pourtant, une prière que tu lui porteras de ma part : demain , si je ne suis pas arrêté ce soir, demain je me mettrai peut-être en route pour chercher un autre asile ; avant de partir . de la quitter , je
flS PROLOGUE.
voudrais bien Tentrevoir ou du moins entendre une fois, une seule fois encore sa voix.
— Mais presque tous les soirs vous Tentendez , monseigneur ; presque tous les soirs , eaoliée parmi ceux qui vont prier dans la grange de Nuisement...
— Pauvre ûme blessée ! INfaimer à ce point de me sacrifier la croyance de ses pères ! . . . Ab 1 je n'irai pas où elle m'appelle! je n'irai pas, dût cbuque pas qu'il faudrait faire pour y arriver me rapprocber du trône ! Mais , du moins , encore un de ces rendez-vous sous les yeux de Dieu et en présence de la religion I Que la prière rapprocbe encore nos deux âmes avant que réternité les réunisse dans un indissoluble bymen! Dis-lui que ce soir je serai à la grange de Nuisement. Ma voix y murmurera , dans l'intervalle qui sépare nos bymnes , ces mots, seule réponse que je puisse faire à ton message : « Ma vie à Dieu ! 1 lionneur de ma )) dame à moi ! la mort , mais pas de lacbe ! »
Le page était loin déjà , quand le prince prononça ces dernières paroles.
Malgré l'avance que Mézières avait sur la messagère de madame de Saint-André, celle-ci le rejoignit avant qu'il fût arrivé au cliAtcau : ses