CHAPITRE IV
flerrière crun lièvre qu'on va metlre à la broche. Allons, hue! en route î
La menace , à ce qu'il paraît, fut suivie d'exécution, caria mule fit subitement un violent saut en avant.
— Doucement, doucement, cria le juif en se raccrochant au pommeau de la selle j vous allez être cause d'uu malheur!
— Allons, voyons, Saint-Sornin , point de folie! dit le maréchal. Belle idée, vraiment! de faire casser le cou à ce docte Isaac pour Tempêcher de mourir de peur !
L'on se remit en roule , et, voyant que son maître cheminait en gardant le silence, l'écuyer se mit à chanter, sur un air decorps-de-garde, la chanson suivante :
Pourquoi sont venus en France Tant d'étrangers si nouveaux , Cr;s buveurs à grosse panse Et tes videurs de (onneaui ?
C'est pour faire au vin la guerre.
Sauve, sauve, sauve le verre.
Sauve le vin de ces gourmands Suisses, reilres et Allemands !
Avons-nous pas trop à boire , Pour appeler l'étranger ?
Las! s'il vient jusqu'à la Loire,
no PROLOGUE.
Nos vins sont en grand danger.
J'en frissonne tout de crainte.
Sauve, sauve, sauve la pinte.
Sauve le vin de ces gourmands Suisses , reîtrcs et Allemands !
Mais Guise rempli de gloire Renversera leurs projets En les empêchant de boire Le bon vin des bons Français !
Ils mourront, s'il les attrape...
Sauve, sauve , sauve la grappe, Sauve le vin de ces jjourmands Suisses , reîtres et Allemands !
— Eh bien! notre respectable Iscariote, dit le mauvais garçon après avoir chanté , ma chaii son vous remet-elle le cœur au ventre? et ne voulez-vous pas y joindre quelque récit qui nous égaie? Voyons , voyons 1 cherchez dans votre synagogue d'histoires quelque belle aventure pour nous amuser. Qui parlera d'or, sinon le savant qui sait en faire? Commencez! nous vous écoutons.
Le juif continua à garder le silence,
— Beau-sire-Dieu ! Isaac, dit le maréchal,
Saint-Sornin a raison , il y a dans ta vie nue
histoire , je le sais bien , qui Ta rendu, plus que
toute ta juiverio, sombre, soucieux, hargneux