‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 65 sur 145 · CHAPITRE I. iol · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. iol

cliquetaient jadis les éperons d'or et les épées des gentilshommes. C'est M. de la Bourdaisière qui va rendre compte à la maîtresse d'Anet des mesures qu'il a prises pour mettre le château à l'abri d'un coup de main , car les huguenots en armes se sont montrés dans le pays; ou c'est messire Guillaume deBèze, le docte chapelain de madame de Valentinois , qui se rend , son bréviaire sous le bras, auprès de la dame, pour causer avec elle des événements du temps et des malheurs, ruines et discordes qu'annonce Taudace croissante de ceux de la nouvelle religion , la division des seigneurs catholiques , et le bon vouloir de la reine-mère, qui laisse disputer devant elle à Poissy les deux doctrines en présence et les intérêts de la messe et du prêche.

A la fin d'une journée d'automne, d'une journée pendant laquelle le manoir n avait jamais paru plus solitaire, plus abandonné, une étrange visiteuse , dont la présence eût pu faire croire que c était là un de ces châteaux des fées hanté par quelque merveilleuse métamorphose , se montra dans 1 une de ses galeries.

C'était une belle et grande biche au poil pro-

pre, à la lête mignonne, à I œil noir plein de feu, une biche perlant un beau collier d'or, une biche sachant son monde et marchant dans ces grandes salles avec un aplomb, une assurance, qui prouvaient qu'elle en avail Thabitude.

Elle s'approcha d'une porte enlr'ouverte , et, après l'avoir poussée doucement avec sa tête , elle s'arrêta, allongea le cou, et regarda discrètement si elle pouvait entrer. Madame la duchesse de Valentinois (celle porte était celle de sa chambre), assise devant sa cheminée, dans un grand fauteuil, s'élait endormie en lisant un livre de controverse religieuse qui reposait encore sur ses genoux.

Un grand lévrier, portant aussi un collier d'or, était couché à ses pieds; au bruit que fit la biche en entrant, il leva la léte , la regarda , cligna de Pcei! , puis il replaça son museau effilé sur la pointe de l'une des mules de sa maîtresse, étendit ses pattes, avec un souj)ir, et reprit son somme , comme Ton fait à laspect d'une personne de la maison.

La biche apprivoisée s'approcha de Diane, et, baissant la tète, elle chercha l'une des blanclies '

mains de la dan»e qu'elle effleura de sa bonne

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