‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 66 sur 145 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

langue ; puis, pour connaître la cause de ce sommeil que ses caresses n'interrompaient poini, elle approcha son joli nez du bouquin ihéologique, et le releva vivement, comme si elle eût été désagréablement affectée de Todeur qui s'en exhalait. Dans ce mouvement de retraite, elle s'aperçut elle-même dans la glace placée au-dessus de la cheminée. Un premier mouvement de surprise lui fit dresser les oreilles ; puis, elle allongea le cou vers cette image gracieuse qui semblait aussi la chercher.

Une douce voix , qui murmura bien bas , à deux reprises différentes , le mot de Favorite , interrompit celte contemplation pleine de coquetterie, et la bête fut en deux sauts au bout de la cbambre, du côté où s'était fait entendre son nom.

Il y avait là une jeune et jolie fille blonde , soulevant la tapisserie qui servait de portière à une issue cachée. Après avoir gratté la biche sur la tête, elle entoura de son joli bras le cou gracieux de Favorite.

— Viens , lui dit-elle en l'entraînant , et prenons garde de réveiller notre dame et maîtresse.

Le rideau retomba derrière elle , et les deux compagnes se Irouvèrent seules et télé à tête, dans une chambre de jeune fille , mystérieux réduit, avec ses traces gracieuses de poésie, de jeux, de travail et de prière. Cette pièce avait servi autrefois de boudoir à madame-Diane , et Dieu sait s'il y eut toujours là un lit chaste et pur avec son crucifix dans la ruelle, son rameau de buis, ses doux murmures de prière le soir et le matin, et ses rêves si tranquilles et si riants qu'ils ne peuvent être faits que sous les ailes de Tange gardien le plus assidu à son poste!

On a descendu de la place d honneur qu'il occupait jadis un grand cadre qui gît dans un coin, avec sa toile tournée du côté du mur; c'est sans doute quelque peinture immodeste , peutêtre Diane sans voile, appuyée sur une biche dont nous venons de voir apparaître le modèle. Une Madeleine priant au désert devant la croix de bois a remplacé, par l'ordre de madame de Valeiitinois, cette image mythologique ; le demijour énervant, qu'entretenaient dans ces lieux de mystère les épais rideaux de soie, a, lui-même, fait place au libre rayon de soleil qui entre avec le vent parles fenêtres ouvertes. Devant l'une de ces

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