‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 67 sur 145 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

fenêtres, laissantvoirauloinle ciel et les bois en amphithéâtre, avec leurs teintes d'automne, une chaise, une table chargée d'ouvrages de femme parmi lesquels brillent les grains d'uîi chapelet et les riches fermoirs d'un livre d'heures , annoncent qu'une vierge chrétienne travaille et prie , là où la femme mondaine n'oublia que trop souvent Dieu el la prière !

— Belle Favorite , ma mie , disait la jeune fille , en continuant à caresser la biche , vous êtes une ingrate, car voici bientôt deux grands jours qu'on ne vous a vue : qu'avez-'vous donc fait pendant tout ce temps, grande folle que vous êtes? Où êles-vous allée, coureuse?... Vous sentez la bonne odeur des mousses sous les arbres de la forêt ; vous vous êtes roulée , gourmande , sur le thym et le serpolet , qui ne sentent si bon que dans la liberté des forêts... et voilà pourquoi vous faites fi des fleurs de mon bouquet... Voyez la dédaigneuse, comme son joli museau les écarte et fouille entre leurs feuilles, cherchant celle qui lui plaira... Favorite ! Favorite ! ajouta la jeune fiHe avec un soupir et en baissant la voix , serais-tu aussi lasse dos fleurs de nos parterres que des charmilles du parc où 1 on veut te retenir prison-

im LIVRE I.

iiière? Tu secoues la tête... Tu as un beau collier d'or au cou , ma belle, mais c'est un signe d'esclavage, pauvrette! Ah! la belle parure, n'est-ce pas, que celle où se voient les armoiries d'un maître !

Et , en jouant avec le collier de la biclie , la jeune fille aperçut pour la première fois un papier que Ton avait passé dans son anneau.

— Qu'est-ce là? dit-elle, en le [)renant vivement... il y a de Téciiture... c'est un billet... oui, un billet, vraiment... Eh, mon Dieu! pour qui ce message dont Favorite s'est chargée si complaisammenl?

Elle poussa un cri de surprise à la lecture de cet écrit, il portail en termes exprès :

« A l'amie, à la compagne de la belle Orianc. » Puisse ce papier tomber à temps sous ses » yeux! Le poursuivant d'armes qui, au château » de Périon , a si souvent juré de veiller à la » sûreté d'Oriane et de Mabille, n'a point ou- » blié ses serments... il est venu exprès pour » avertir la demoiselle au voile vert d'un dan- » ger qui la menace , et l'aider à déjouer uu

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