‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 7 sur 145 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

il s'empressa de décbaperonner roiseau qui devait témoigner de ses talents en vénerie , et i! courut de toutes ses jambes vers le valet qui tenait les deux lévriers en laisse.

— Mauvaise chasse ! dit d'une voix grave et lente le berger qui , toujours assis sur la porte de sa cabane, regardait les préparatifs du jeune page.

— Avez-vous entendu ce paysan? dit avec inquiétude mademoiselle de Saint-André.

— Très-bien , répondit Eve , et voilà une excuse toute trouvée pour notre ami Gvilan le pensif; s'il ne réussit pas , il pourra dire que ce vieux berger a ensorcelé son gerfaut , son lévrier , et qu'il lui a jeté un sort à lui-môme.

— Vous croyez rire , Eve ; mais voyez si tout ce qui se passe là-bas n'a pas l'air d'une conjuration préparée par quelque mauvais esprit contre ce pauvre enfant.

En effet , la chasse au faucon semblait se préparer sous de fâcheux auspices ; le page , ainsi que nous l'avons vu , avait couru vers les valets restés en arrière. S'approchant de celui qui menait les lévriers, il prit la laisse et les découj)la ; l'un des deux chiens fut retenu à Tatlache , et l'autre, dégagé de son lien, s'élança folle-

m PROLOGUE.

ment dans la plaine. Ce fut en vain que le pauvre enfant l'appela de sa faible voix que le vent eniporlait en sens contraire, ce fut en vain qu'il siffla , cria , menaça ; le lévrier indocile allait toujours courant, bondissant, et, n'écoutant que son ardeur indisciplinable, il finit par se précipiter en furieux au milieu du troupeau de moutons; alors les deux gardiens à longs poils , restés jusqu'à ce moment spectateurs impassibles , accoururent au secours des innocents animaux confiés à leur garde, et, réunissant contre l'ennemi commun leurs aboiements bruyants et leurs redoutables morsures, ils le rejelèrent tout penaud vers le lieu d'où il était parti.

Entraînés à leur tour par l'ardeur de la course et de la poursuite , les deux cbiens noirs ne surent point s'arrêter à de prudentes limites, et, toujours furieux, aboyants, ils vinrent se jeter jusque dans les jambes des valets et des chevaux.

Alors l'alezan du jeune page s'effraya, se cabra, et, arrachant la bride des mains qui le retenaient , libre enfin et jetant derrière lui des ruades terribles, il galopa faisant lever la poussière sur son passage. Mais l'intrépide en-

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