CHAPITRE II. I6t
quand un souffle de vent vient à déranger ce rideau de verdure, quand Torabre de quelque branche qui s'incline lui fait croire que les ais de Tbuis se sont lentement ébranlés sur leurs gonds, alors récuyer du maréchal de Saint- André avance la tête et regarde...
— Ce n'est pas elle! dit-il avec impatience.
Voilà bien le jeune page que nous avons déjà vu figurer au premier acte de notre drame. L'enfant est en train de devenir un homme d'assez boime apparence. 11 porte épée au côté et panache à son bonnet, avec le manteau de velours brun et les grandes bottes montant audessus du genou, comme on en avait alors en guerre ou en voyage.
Il faut à chaque époque des physionomies, des tournures qui lui aillent : eh bien , à celte époque de férocité, de galanterie et d'énervement, à cette époque où l'homme de cour tient du serpent et de la femme, ce corps grêle, cette figure pointue, sont le type qui convient le mieux. Jamais toque de velours avec sa plume pendante, jamais boucles d'oreilles en poire, jamais fraise doublement élagée n'ont mieux accompagné une physionomie; jamais physioi 41
noniie n'a mieux fait ressortir la gracieuse étrangeté de ces ajustements féminins et coquets.
Il y a longtemps qu'il attend à cette même ])lace : arrivé la veille sur un cheval couvert (le poussière, il avait pris à peine quelque repos (ians la maison du forestier et s'était mis en quête , en rôdant autour du château , des moyens à employer pour voir Eve et pour l'instruire en liberté, sans témoins, des nouvelles qu'il lui apportait. Et, parmi ces moyens, il faut le dire , l'idée toute simple , tonte naturelle d'aller frapper à la grande porte du château, de dentander au portier Eve Métézeau , la demoiselle de compagnie de madame la duchesse de Valentinois, lui était venue d'abord à l'esprit. Mais pour une espèce de chevalier errant nourri , comme on l'a vu , de la lecture (.VAmadis, c'était un dénoùment bien prosaïque à mettre à la fin d'un voyage entrepris avec toutes les circonstances qui font les grandes aventures.
Il faut ajouter pourtant qu'a ce motif de mystère, le seul déterminaiit peut-être auprès de cet esprit romanesque, s'eji joignaient d'au-