‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 73 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

attendue de M. de Saiut- André au château de Mézières. Il se passa de singulières choses,, diton, entre madame la maréchale, son époux et ce juif qui l'accompagnait... Vous rappelez-vous, ami, comme cette chère Hélène était pâle et émue quand elle vint nous rejoindre dans le salon, où déjà vous vous querelliez avec le gentilhomme venu avec M. de Saijil-André?

— Pauvre Hélène! qu'elle paraissait souffrante! comme elle prétait Toreille du côté de l'appartement de sa mère ! Longtemps nous n'ejjtendîmes rjpp... Pi|is, des cris de terreur parvinrent jusqu'à nous; puis, quelqu'un vint tomber avec un bruit sourd contre la porte du salon... Nous courûmes... Le juif, suffoqué par la terreur, et comme s'il eût été renversé en fuyant quelque terrible apparilion, était étendu dans le corridor... L'on eut une peine infinie à lui faire reprendre ses sens... Pendant que nous nous empressions autour de lui, monsieur le maréchal se moquait de sa frayeur... Mais vîtes-vous jamais, dites-moi, un visage plus bouleversé? Tout en raillant le docteur, il jetait, de temps en temps, un regard d'effroi vers la porte, et senriblait craindre de voir reparaître la cause d'un trouble aussi extraordinaire.., L'on eut beau-

coup de peine à obtenir du vieillard quil consentît à passer au château le reste de la nuit... Il voulait repartir sur-le-champ ; et quand le maréchal insistait pour qu'il restât : « Non, non ; laissez-moi partir, disait-il d'un ton suppliant; si je revoyais ce que j'ai vu , je n'y résisterais pas.,. Laissez-moi partir... Je n'exige plus ce que je vous demandais ; je me contente des assurances que vous me donniez avant ce fatal voyage ! Plus tard , nous songerons , si besoin est, à obtenir de madame la maréchale l'acte que nous sommes venus lui demander si mal à propos.

— C'était assurément, dit le page, quelque reconnaissance des sommes énormes qu'il a prêtées à monseigneur, quelque pièce qui devait engager le biendemadamedeSaint-André... Certes il faut que l'usurier ait eu une bien grande peur pour renoncer à celte sûreté nouvelle... Après c€la , qu'a-l-ii vu? Je l'ai vainement pressé de questions à ce sujet : il n'a jamais voulu me dire ce qui l'avait tellement effrayé cette nuitla.

— Vous Lavez donc revu , Mézières?

— Placé auprès du maréchal par les soins et

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