‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 77 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

savez mieux que personne; il y a des secrets plus difficiles à péaétrer que ceux qu'une biche porte à son cou, comme un chien barbet sa lanterne.

— Et dites-moi , mon nnître clairvoyant l comment êtes-vous arrivé, si fraut, sur cette muraille? Etes-vous à l'échelle, vous ôtes-vous exhaussé sur des échasses comme le bateleur que je vis l'autre jour à Paris marclier ainsi à la hauteur des ormeaux du Pré-aux-CIercs? ou vos jambes, par art magique, s'allongeant comme celles du héron...

— Nullement, beau Gis, j'ai à mon service la plus tranquille des mules, et, debout sur son dos, tandis qu'elle arrache, en sobre personne, rextrémilcdesfeuillesà saporlée, j'ai j)u, comme un bon bourgeois à sa fenêtre , me rendre eomj)te des chuciiotlcments que j'avais entendus en passant le long de ce mur. JX'est-ce pas commode? Malgré cela, ajouta-l-il en riant, je serais bien end)arrassé si quelqu'un auprès d'elle allait crier :

— Hu ! hu ! fit tout à coup la jeune fille; car elle venait de voir pnsscr par la porte entr'ouverlc la tête de la biche apprivoisée. Celle-ci regardait la campagne en bête curieuse et bien

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tentée de profiler de 1 occasion pour faire une petite promenade exlrà muros. C'était pour réprimer celte tentation cl la faire rentrer dans le parc que ce hu ! hu! intempestif était sorti de la bouche de la demoiselle de compagnie.

Ce signal du départ n'arriva pas vainement à Toreille de la mule du docteur qui gesticulait de l'autre côlé du mur, et elle se mit aussitôt en marche.

Mézières devina ce mouvement à Texpression il effroi qui bouleversa la figure de son interlocuteur, el aux deux longues mains qui parurent loul à coup sur le mur, cherchant, de leurs doigts contractés, à s'y cramponner avec force.

— Au secours 1 à laide! criait le docteur du ton le plus lamentable.

Le page et la jeune fille, franchissant la petite pnrie, furent bientôt dans Tintérieur du parc, auprès du vieux juif. Il pendait effectivement au mur. et ses maigres jambes, quoique passablement longues, étaient assez éloignées du sol pour devoir donner un choc fatal- à tout son individu au moment de leur réunion avec son naturel point d'appui.

La mule trottait gravement toute seule dans

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