CHAPITRE II. i8i
devoir m'oblige de partir sur-le-champ , et je ne voudrais pas, voyez-vous, que Ton sût au château d Anet...
— Quoi?. . . que Téouyer de M. le maréchal de Saint-Audré y est venu? Est-ce cela que vous craignez, mon fils? qu'aurait donc de surprenant, je vous le demande, votre présence ici, dans ma compagnie? Allez ! allez! j'ai prêté assez de choses au maréchal , ajoula-t-il avec un sourire malin qui , se mêlant à Tair dolent de son visage, lui fit faire la plus singulière des grimaces, j'ai fait assez de prêts au maréchal [)0ur qu'il ait pu 5 à son tour , me prêter son écuyer , et pour que personne , à Texception de Saint-Sornin , ne s'avise d'y trouver à redire... Je ne sais pas ce que vous avez fait à ce Saint-Sornin , mais il vous déteste, là... bien cordialement. N importe! si c'est réellement votre service auprès de votre maître qui vous rappelle si vite à Paris , demeurez ici , car il se pourrait, continua-l-il en lançant au jeune homme un regard en dessous, que M. de Saint-André arrivât bientôt lui-même en ces lieux , et , s'il en était ainsi , ne serait-il |)as enchanté d'y trouver quelqu'un de sa maison?.. .
— il sera sans doute avec son Saint-Sornin,
le plus haïssable coquin que je connaisse... un luisérable Ualteur qui me nuit à la journée dans l'esprit du inaréclial , el qu'un jour je châtierai comme il le mérite; sans doute ma présence ici et les propos de cet éhonlé parasite lui feraient bien vite croire...
Le jeune homme s'arrêta , comaie s'il eût été confus d'achever sa pensée.
— Quoi? que vous fuites... de la curiosité pour votre propre compte? dit le vieillard eu rcjjardanl maiigiicmeiit le jeune homme qui devint pâle , et que ce n'est pas seulemejit pour aider aux bénignes intentions , aux bons et salutaires projets de son ami et du vôtre, Mézières, que vous vous tenez au courant de ses affaires... peur d'enfanl! mon jeune ami. S'il est ici dans une heure, ajouta-t-il en regardant du côté du couchant le point où le soleil était descendu, il y sera venu par moi, ainsi que vous Tavez deviné; et qui empèL-he , Mézières , que je ne vous aie aussi prévenu de son voyage cl que je ne vous aie donné, de sa part, des ordres en conséquence?...
Si je le dis ainsi, qu'avez-vous à craindre?
— Je crains, Isaac , je crains tout ce qui m'empêcherait d'arriver à la conuaissauce du