‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 80 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

secret que je poursuis, et dont la révélation doit jaillir pour moi, vous Tavez dit, do celle famille puissante à laquelle le sort ma attaché.

— Il en est ainsi, mon jeune maître, et, vous le savez plus que personne, je dois aider à la manileslation de la vérité.

— Si celte vérité vous est connue, à vous (|ui savez tout, pourquoi me faire allendre si longtemps la connaissance de ce mystère?..,

— Chaque chose a son temps, Mczières, dit le vieillard, avec une sorte d'impatience; et rohscurité qui enveloppe voire orig^ine ne doit pas encore se dissij)er.

— El cependant, dit le crédule jeune homme, vous n'avez rien épargné de ce qui pouvait vous éclairer dans vos recherches, n'est-ce pas? et tous les jours encore...

— Oui, tous les jours, reprit le juif, je m'efforce d'arriver au delà de l'ohslacle placé entre mes regards et la vérité.

— Et cet obstacle?... dit le page en arrêtant un regard inquiet sur Tastrologue.

— Cet obstacle est comme une large goutte de sang jetée sur un papier et qui empêcherait de voir les mots qu'elle recouvre.

— Une {joutte de sang! répéta Mézicrcs : ah !

je donnerais volontiers un ruisseau du mien ^ s'il pouvait laver cette tache et vous laisser voir ce qu'il y a dessous. Dites-moi si longtemps encore j'aurai besoin...

— Patience, patience, jeune homme! comme je le disais toutà l'heure, chaque chose a son temps: tout vous viendra à point si vous savez attendre , si vous êtes fidèle, surtout, aux clauses du contrat qui nous unit. Vous interrofjez toujours, c'est fort bien ; mais vous refusez quelquefois de répondre... Eufîn , je ne sais pas encore le nom de cet homme qui se caciiait si mystérieusement dans les environs de Mézières... Vous dites que vous l'ignorez, est-ce bien sur? Vous avez refusé aussi de m'apprendre quelle était cette femme que le maréchal , l'autre soir, a reçue si mystérieusement.

— Qu'est-ce donc? s'écria le page, et de quel pacte prétends-tu parler, Isaac? A quelle condition crois-tu, juif, que je t'interroge? et quel salaire, selon toi, a été convenu entre nous?

— Aucun, en vérité, mon jeune maître, aucun, répondit le vieillard rappelé au palelinage de son discours habituel par la brusque interpellation de récuyer.

— C'est que 1 on connait la mode de les pa-

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