CHAPITRE II
blieraplus, qui tombera terrible comme la foudre sur les palais, sur les églises ; qui abattra les couronnes et la croix ; mot qui est notre christ , à nous, qui détrône Tesprit et prépare le triomphe du juif; car il assure le triomphe de l'argent ; le mot : Doute ! Vous irez loin, chrétiens maudits, dans la carrière que Luther et Calvin ont ouverte devant vous... et quand vous douterez de tout ce qui ne tombe pas sous vos sens, quand vous direz comme nos pères, à ceux qui vous diront de croire : Voyons! quand les tables de la loi ne seront plus pour vous qu'une pierre couverte de caractères indéchillrahles ; alors vous direz : Faites-nous des dieux que nous puissions voir, et il se trouvera un juif qui fondra la couronne des rois, la croix des prêtres pour vous en faire un veau d'or, et {)euples et rois tomberont en adoration devant le signe du triomphe de la matière, du règne de 1 argent, de la victoire du juif!
Oui , cela arrivera , et je m'en iiai avec la consolante idée d'avoir vu l'aurore de ce jour heureux, et d avoir aidé à sa venue! Mais ce n'est pas assez de la dispute pour préparer ses voies , il faut que la guerre les élargisse. Ils ont trop discuté : il faut quils se battent... il
faut du sanjif entre eux. Il y a des mots qui ont besoin d'être écrits de sann j)Our restei-. . . et cette consolation m'est réservée. Isaac, oui, tu ne t'endormiras pas sans avoir entendu, en ce pays , le canon des chrétiens dévorer les clirétiens , et donner un nouveau et terrible démenti à cette unité, le rêve du Vatican, et la force de rE[jlise.
Il fit quelques pas en silence.
— Il fallait courir aux catholiques , reprit-il ; car les hu[}uenots ont le dessus , et il est temps de jeter dans le plateau de la balance qu'emporte la fortune de Calvin , des nonjs poj)uIaires et quelque héroïque épée... Guise, Montmorency, et vous, mon noble débiteur, vous sortirez aujourd'hui même du fourreau cette éj)ée catholique qui doit servir de conire-poids à la fortune de Condé et à la vertu de Colijjny... Et vous, dame Catherine , mon honorée disciple en sciences secrètes, qui vous fatig^uez à lire dans les astres où vous ne voyez pas , assurément, le triomphe que préparent vos dissimulations royales, je vous forcerai bien à rester, quant à présent, du côté des Huguenols , jx ur éj^aliser la partie!
Desrénexions pénibles succédèrent, dans son agitation , à ce besoin de se rendre comj/'e à