‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 89 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

pressée du besoin de me faire une terrible révélation , s'il est vrai que ce besoin te pousse liors du cercueil, je t'adjure de garder ton secret jusqu'à Taccom plissement de ma vengeance... Quand, réunis dans la même plaine, se mesurant de Toeil et prêts à s'entre-dévorer, catholiques et huguenots n'attendront plus que le jour pour se ruer les uns contre les autres... viens me trouver alors , viens me raconter les horreurs de ton agonie, viens me nommer Tinfûme qui souilla ton bandeau de vierge , et je !e montrerai les frères armés contre les frères, les fils dévoués au parricide; nous compterons ensemble toutes les larmes, tout le sang chrétien que ce [)remier choc fera couler, et tu me diras si je t ai assez vengée I

On frappa en ce monient à la porte du salon. Le vieillard tressaillit comme s'il eût entendu le signal du retour de cette a|)parilion dont le souvenir produisait un tel effet sur son esprit.

Il faisait déjà sombre autour de lui : la nuit est venue, et une clarté de lune, donnaut sur l'une des grandes fenêtres de la salle déserte, lutte seule contre son obscurité croissante. Un espace lumineux comme Tenceinte redoutable comprise entre les lijjnes tracées par la baj^uetlc d'un nécromancien, à I iieure des évocations , se dessine sur le chêne du parquet. Il parjît semé de taclies rouges, jaunes et bleues, aux contours bizarres ; car le pâle rayon , en traversant les vitres en losanges cbargéfs de figures arabesques , s'est animé de leurs riches couleurs.

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