CHAPITRE III
si elle leur eût communiqué quelque chose de celte colère qui, malgré ses efforts, se ranimait dans son âme , jetèrent de vives élincelles. Le juif se taisait.
— Eh bien! tu n'entends pas, juif? Je te demande ce qu'ils disent de moi et du roi François F?
— Pardon, pardon, madame; je me suis trop avancé dans mon zèle , et je ne puis répéter...
Elle frappa du pied avec impatience.
— Je veux que lu parles, que lu expliques... Mon bon Isaac , repril-elle avec plus de douceur , nous ne sommes pas au Louvre , je vous le répète, et vous pouvez dire la vérité...
Elle se reprit vivement :
— Ou plutôt répéter les mensonges de nos ennemis.
— Comment, dit le juif d'une voix embarrassée, comment vous faire entendre...
— Allons donc! s'écria-t clic avec une nouvelle imj)atience.
— Madame , vous tenez en ce moment u\i ccrin dont chaque perle vous rappelle un glo-
rieux souvenir, et vos ennemis, les écrivains protestants, il appuya sur ce mot, prétendent qu'avant qu'il fut rempli des gracieuses, des honorables libéj-alilés de votre glorieux ami, sa majesté le roi Henri H de libérale mémoire...
Elle fit un nouveau mouvement d'impatience.
— Eh bien , dit-elle , eh bien !
— Eh bien! dans un pamphlet écrit sous les influences de la reine Catherine...
A ce nom , Diane fit un bond sur sou siège.
— Delà reine Catherine ! répéta-t-elle d'une voix stridente.
— Ils ont écrit, reprit le juif, qu'avant cette époque , le roi sou père en avait enlevé le joyau le plus précieux !
— Incestueuse aussi! s'écria-t-elle; rien n'y manquera , vous dis-je , et quelque jour aussi ils m'accuseront... que sais-je, moi?... d'avoir fait mourir mon père , qu'ils me reprochent aujourd'hui d'avoir sauvé... Pourquoi m'en étonner, après tout? L'amour pour les rois, le respect pour les femmes sont autant de choses à réformer, autant d'abus contre lesquels il convient de prolester... En vérité, Isaac, vous le verrez, les rois et les femmes, ces deux royau-